Category: Duel au sommet

Streets Of Rage vs Golden Axe

Par , 02/05/2011 10:57

Nostalgie, douce nostalgie. La nostalgie ça rend vieux, ça peut être déprimant mais surtout la nostalgie ça peut te péter LA GUEULE !!!

Fuck yeah ! Quand des fans décident de remaker ces monuments du Beat’em all bourrin que sont Golden Axe et Streets of Rage, on ne peut que lever les pouces en l’air !

Alors voilà pour vous, tout beau, tout frais, tout neuf, la voie qui vous permettra d’avoir les doigts en sang pendant un bon bout de temps (en plus c’est gratuit) :

Télécharger Golden Axe

Télécharger Streets of Rage

Et sinon, un petit dessin parce que ça fait toujours plaisir :

Speed Racer et Scott Pilgrim contre le reste du monde

Par , 31/01/2011 10:44

En tant que geek, je pense qu’il est important de défendre des œuvres qui portent hauts la voix de cette même culture.

Aujourd’hui, je ne vais cependant pas confronter les deux films dont je vais vous parler. Pourquoi ?

Parce qu’ils ont beaucoup en commun, que ce soit leurs histoires, les œuvres dont ils sont tirées, la façon dont le public et la critique les ont recueilli ; en bref, ils ont connu le même cheminement.

Non leur véritable opposant sera : LE RESTE DU MONDE ! Puisque apparemment, la perception qu’ont eu certains critiques (public ou professionnel) à l’égard de ces films, dénote plus d’un jugement de valeur que d’une vraie analyse.

Donc Speed Racer et Scott Pilgrim contre le reste du monde ou bien, comment, encore une fois, la culture geek se retrouve victime du mépris d’une pensée unique et du conformisme ?

Les challengers :

Dans le même camp on retrouve Speed Racer, sorti en 2008, réalisé par les frères/sœurs Wachowski et tiré d’un anime japonais des années 60 du même nom.

Puis, à ses côtés, Scott Pilgrim vs The World, adapté d’un comics de Bryan Lee O’Malley et transposé au cinéma par Edgar Wright (Shaun of the Dead mec, merci mille fois).

Messieurs, l’ennemi sera le reste du monde. A vous de jouer !

Attention, cette article ne vise pas à imposer un point de vue sur ces deux films, seulement à donner des pistes de lecture.

Campagne Marketing :

Tout d’abord il faut savoir que les deux films ont été très mal commercialisé, que ce soit dans leur pays d’origine ou à l’international.

Donc, le public et la critique peuvent obtenir gain de cause dans ce cas là, puisqu’ils auront été préalablement influencé par une mauvaise campagne d’informations.

En effet, la Warner, qui produisait Speed Racer, basait sa communication sur le seul nom des Wachowski. Les réalisateurs ayant déjà fait leur preuve avec la trilogie Matrix. Cependant, la Warner vendait le film aussi comme un produit pour enfant (comprenez « complétement débile »), ce qui a pour résultat de perdre son public. Est-ce que c’est un film d’action hardcore ? Est-ce que c’est un film familiale ?

Pour le cas de Scott Pilgrim, c’est à peu près la même chose. Les studios Universal ne savent pas trop comment vendre le film. Edgar Wright, dont il s’agit du premier long-métrage américain, n’est pas encore très populaire chez eux, Michael Cera, la tête d’affiche, n’est pas non le plus bankable des acteurs mais reste populaire parmi ses fans. En France, le film aura droit à une sortie technique, soit 4 mois de retard et une semaine d’exploitation dans un nombre restreint de salle.

C’est une des causes de l’échec au box-office de ces deux titres.

La mise en scène :

Mais il serait trop facile de rejeter la faute sur les studios uniquement. Non, le véritable échec de ces deux films vient aussi d’une totale incompréhension de la part d’une audience qui n’hésite pas à critiquer violemment des films baignant dans une culture qu’il rejette de but en blanc.

On assiste donc à une avalanche de critiques négatives, par là je veux dire qu’ils avancent des arguments fort contestable.

Speed Racer se fera vivement critiqué pour son parti pris visuel, « outrancier » diront la plupart, « overdose de numérique » pour d’autres. Quand à l’histoire, elle est simplement considérée comme niaise et abrutissante ce qui, d’après eux, « ne peut plaire qu’à un public de huit ans ».

Scott Pilgrim aura le même retour de flammes, on attaque gratuitement le parti pris visuel et la mise en scène (oui la mise en scène, c’est mal, m’voyez), l’histoire est neuneu, bref c’est du grand n’importe quoi.

Je vais d’abord parler de la mise en scène et du traitement graphique avant de m’atteler aux histoires.

Il faut d’abord comprendre que ces films ont été réalisés par des personnes qui ont grandi avec ce qu’on peut appeler la culture pop. C’est à dire une culture basée principalement sur l’image, que ce soit les comics, les mangas, les dessins animés, les jeux vidéo et certains films. Pour exemple, ils ont pris l’habitude de voir des créatures numériques s’incruster dans un film live sans que cela ne porte préjudice à la crédibilité du média.

Bref, c’est toute une génération qui a été biberonnée à l’hybridation des images et le cinéma est pour eux l’occasion d’apporter cette culture au grand public( puisque cette culture à été mal perçue, mal comprise et même ostracisée).

Les Wachowski et Edgar Wright réalisent en clair des films expérimentaux. Ils utilisent à fond tout les artifices visuels propre au dessin animés, principalement le manga et aussi le jeu vidéo. Par exemple, les lignes droites en fond pour signifier la vitesse, les onomatopées pour faire ressentir le choc d’un coup de poing, des aplats de couleurs et des lumières vives pour montrer qu’on est dans un véritable monde de fiction avec ses codes mais aussi, et surtout, un montage frénétique et des transitions filmiques jamais vus depuis là. Ils exploitent à fond l’outil numérique pour s’émanciper des règles cinématographiques établies.

Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est qu’ils donnent enfin une identité culturelle propre à la génération geek. Et c’est d’autant plus jouissif quand c’est réalisé par des types qui comprennent cette culture. Je dirai que ces films parmi les meilleurs adaptations indirectes d’un jeu vidéo tant ils arrivent à exploiter brillement les codes propres à ce média : course à la Mario Kart, passage d’un boss à l’autre, barre de vie, combos tirés de jeux de combat, etc…

Rendre cela crédible en film...

C'est possible lorsque l'on a tout compris de ce média !

L’histoire :

L’histoire maintenant, car vous le savez bien, les effets spéciaux ne font jamais une histoire.

Speed Racer comme Scott Pilgrim ont été aussi critiqué pour leur scénario débile et immature visant un public de gamins neuneus.

Bon, encore une fois il faut se rendre compte que ces films baignent dans la culture geek, une culture où l‘imaginaire domine mais trouve son ancrage dans la réalité de la vie.

Aussi, ces deux films parlent ni plus ni moins que de passage à l’âge adulte et de prise de responsabilité, aux héros de les affronter avec leur propre culture.

Pour Speed, le héros de Speed Racer (ça coule de source), qui est un talentueux pilote de course, il s’agira de faire le deuil de son frère, ancien champion de course victime de la corruption de ce milieu, pour qu’il puisse continuer à vivre ses rêves sans que ce milieu ne le corrompe à son tour.

D’ailleurs, pour signifier son accomplissement en tant qu’individu, le film nous gratifie d’une scène faisant écho à l’éjaculation masculine.

Quant à Scott Pilgrim, ce sera la même chose. Se comportant comme un gamin cynique et irresponsable le long de l’histoire, il va comprendre que pour vivre le véritable amour, il va devoir le mériter et cesser de fuir ses responsabilités. Affronter les ex de sa copine Ramona, revient à faire la transition entre le monde de l’adolescence et le passage à l’âge adulte. L’affrontement final avec le dernier ex-maléfique est digne des combats des grandes fresques épiques.

D’un côté il y a le méchant Gidéon, représentant le rejet de toute forme d’imaginaire et traitant avec cynisme toute forme d’art (le groupe de rock de Scott) et de l’autre Scott Pilgrim, qui va trouver son intégrité dans des principes comme l’amour et l’amitié.

Parce qu’il s’agit bien de cela dans ces deux films, garder son intégrité, être fidèle à ses principes, à ses rêves, en intimant à chacun de changer le monde à sa façon et de ne pas rentrer dans le moule du conformisme.

Deux visions de la culture geek, je ne vous ferai pas l'affront de vous demander laquelle est la plus sectaire...

Films expérimentaux qui arrivent à mêler le fond et la forme pour parler à une génération bien spécifique, Speed Racer et Scott Pilgrim vs The World sont de véritables chefs d’œuvre qui font honneur à la culture geek. Une culture qui n’a pas appris à faire de jugements de valeurs à propos des jeux vidéos, des mangas ou encore des films de genre, qui évite toute hiérarchisation de l’art, et qui appose au monde une vision imaginaire (sans jamais fuir la réalité).

Bref, je suis maintenant persuadé, grâce à ce genre de film, que la culture geek est l’évolution logique de toutes formes d’art.

Évidemment, je comprends que certains trouvent ces films trop adaptés pour un certain public ( ce sont des films générationnels après tout) mais faites un effort et comprenez à votre tour que la culture geek recèle de nombreuses richesses.

Et voilà pour vous en bonus, l’Ermite Moderne en action :

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