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15 films à grand spectacle (qui n’ont pas coûté si chers)

Par , 28/10/2013 10:00

Comme vous aurez pu le lire ici et , l’année 2013 a été une année riche en blockbusters (principalement venant d’Hollywood), et l’année n’est pas encore finie. La période de Noël va nous gratifier de nouveaux films à gros budgets.

Iron Man 3, World War Z, Pacific Rim, Fast and Furious 6, Wolverine, Lone Ranger, Hangover 3, Star Trek Into Darkness, After Earth, Man of Steel, Monsters University, RIPD, et j’en passe ; on remarque une forte présence de films budgétés à plus de $100 millions, fait encore rare  au début des années 2000.

Il n’est pas étonnant d’entendre Lucas et Spielberg tirer la sonnette d’alarme sur ces tendances bien trop compétitives.

 Je n’écris pas ce billet pour pointer du doigt les films à gros budgets mais pour rappeler qu’il peut exister un juste milieu (qui a fait ses preuves) : des films situés entre le faible coût et la grosse machine, des films possédant des budgets qu’on alloue généralement à des drames sociaux ou à des comédies romantiques et qui arrivent à tutoyer les hautes sphères du grand spectacle.

Voici donc mon classement des films à budget moyen ! Vous avez bien vu l’étiquette, le rapport qualité-prix est plus qu’au rendez-vous.

 

Prenez en compte le fait que les budgets avancés sont des estimations, les comptables des studios étant des modèles de confidentialité.

 

Beetlejuice15. BEETLEJUICE – Tim Burton – 1988

Budget estimé : $15.000.000

 

Fort de son succès sur Pee Wee’s Big Adventure, Tim Burton décide de continuer l’aventure cinéma.

Avant de se préparer pour sa grosse commande que sera Batman, il décide de réaliser ce petit film d’horreur familial .

Beetlejuice, c’était Burton lorsqu’il avait encore du carburant dans sa boîte à cerveau . Il ramène tout son savoir-faire de metteur en scène de série B avec ce souci du film bricolé : maquettes, miniatures, créatures en stop-motion, architectures en papier mâché, etc.… Sachant que le budget effets spéciaux ne dépassait pas $1 million.

Burton sait faire des économies où il faut et se permet de nous faire voyager dans son monde des morts et de faire apparaître les gigantesques vers des sables.

Son univers était encore pur et inédit, les personnages se baladant dans des décors à la géométrie complètement tordue, en compagnie des monstres les plus difformes et attachants des années 80.

Bizarrement, le résultat sera moins probant sur Batman, qui hésite trop entre le système D et les exigences des gros blockbusters.

Pour rappel, au même moment, George Lucas a produit un des gros budgets de l’année pour $35 millions ; un projet d’héroïc fantasy qui se voulait être  SON Seigneur de Anneaux : Willow. Qui peut me dire ce qu’il est advenu de l’héritage de ce film ?

 

Brazil14. BRAZIL – Terry Gilliam – 1985

Budget estimé : $15.000.000

 

Animateur, illustrateur, directeur photo, scénariste, directeur artistique et ex-membre des Monty Python, Terry Gilliam a un CV bien rempli.

Débarquant avec un budget plus important que son précédent film (Time Bandits), Brazil semble tout de même nécessiter des moyens plus colossaux. Voulant faire sa version du 1984 de George Orwell, avec mégalopole gigantesque, véhicules futuristes et autres fantaisies d’anticipation, il est clair que le budget semble tout de même serré.

Mais Gilliam s’y connait en technique, il va jouer perpétuellement avec différents objectifs de caméra, va varier ses focales, faire construire des décors de façons précises.

Cela nous donnera parfois l’impression de nous retrouver dans des endroits immenses. Après cela, il ne reste plus qu’à faire intervenir les figurants, et VOILA !

Gilliam tire le meilleur de son amour pour les choses bricolées, sachant qu’il peut se permettre de s’épanouir un peu plus grâce au budget.

La même année sortait Remo Williams : The Adventure Begins, film sympathique mais véritable gouffre à pognon pour financiers désireux de lancer une nouvelle franchise avec environ $40 millions sur la facture.

 

The Host13. THE HOST – Bong Joon-Ho – 2006

Budget estimé : $11.000.000

 

Remettons un peu les choses dans l’ordre. The Host est un film à gros budget dans l’industrie cinématographique coréenne. Ce qui a sûrement permis au réalisateur de pouvoir faire appel à une boîte d’effets spéciaux américaine. Mais comparé aux standards du blockbuster américain, le budget est relativement moyen.

Joon-Ho digère toutes ses références : Godzilla, Les Dents de la Mer, King Kong, etc., et les met au service du récit.

S’il s’avère moins bricoleur que les deux réalisateurs précités, Bong Joon-Ho a le mérite de nous offrir un scénario incroyable qui aurait fait fuir n’importe quel autre faiseur.

Mélangeant habilement le film de monstre, la comédie de mœurs, la satire sociale, le film d’action et même le film d’horreur, le réalisateur met un point d’honneur à rendre la menace crédible grâce à ses prises de vue encore exclusives à l’époque. Il se permet même de montrer la créature dans son ensemble dès le début du film.

Sans bout de gras ni de fioritures, The Host est d’une étonnante simplicité et réussit l’exploit, en deux heures, d’être un véritable rollercoaster émotionnel.

Pour comparaison, la même année sortait, dans les salles américaines, ERAGON. Un sous Harry Potter avec les monstres en CG les plus moches jamais créés, et pourtant financé à hauteur d’environ $100 millions.

 

Princesse Mononoké12. PRINCESSE MONONOKE – Hayao Miyazaki – 1997

Budget estimé : $23.000.000

 

Germant dans l’esprit de Miyazaki depuis les années 70, Princesse Mononoké est l’aboutissement de longues années d’expériences et d’expérimentations.  Le studio Ghibli, fondé en partie par Miyazaki, va permettre à des artistes divers de pouvoir croiser leurs talents et de vivre l’expérience de la conception d’un film d’animation.

Princesse Mononoké reste à ce jour l’un des films les plus fédérateurs et épique du studio, véritable carton au Japon et s’étant fait une sacrée réputation à travers le monde entier.

Bien que le film ait nécessité une logistique lourde : la plupart des dessins sont faits à la main, vérification pointilleuse de chaque cello par le réalisateur, apport de techniques digitales (animation, peintures, incrustation dans un plan 2D…), Miyazaki va penser son film à l’économie et soigner chacun de ses cadres.

S’inspirant principalement de John Ford (un plan = une idée) mais aussi de l’histoire de son pays et des mythes qui l’ont bercé, le réalisateur parvient à en tirer l’essence épique avec un bestiaire totalement inédit, des personnages touchants, une musique majestueuse, un scénario d’une efficacité exemplaire, bref, la grande classe.

De l’autre côté du Pacifique, le studio Disney se contente des sentiers balisés (comme toute leur production des années 90) et nous sert un Hercule à $85.000.000. Aucune inventivité, des personnages insipides, la vision mythologique de l’univers est complètement évacuée, mais bon, on a le droit aux sempiternelles chansons pré-emballées pour vendre un maximum de CD. C’est déjà ça.

 

Darkman11. DARKMAN – Sam Raimi – 1990

Budget estimé : $16.000.000

 

Le véritable Batman que le public attendait en 1989 !

(Oui je commence fort)

Après avoir bricolé ses premiers films (Evil Dead 1 et 2, Crimewave), Hollywood s’intéresse de plus en plus au petit Sam Raimi. C’est ainsi qu’il débarque avec un budget plus confortable qui va lui permettre de se lâcher beaucoup plus au niveau visuel.

Puisque ce dernier n’arrive pas à acheter une licence de super-héros, autant en créer un de toute pièce.

Cela va lui donner l’occasion de citer toutes ses influences : L’Aurore, L’Homme au Masque de Cire, Le Fantôme de l’Opéra, les films de John Woo (qui lui renverra la balle sur Mission : Impossible 2), et le comic book évidemment.

Ne lâchant pas son goût pour le bricolage et l’expérimentation, Sami Raimi nous livre une version boostée des films fantastique des années 20/30. Rajoutez à cela des scènes d’action spectaculaires et des personnages tout droit sortis d’un comics et vous avez la perle rare du film de super-héros des années 90. Au passage, c’est grâce à ce film que Liam Neeson a pu accéder à des premiers rôles.

Quand on voit ce que le type arrive à faire avec ce budget, on a peine à voir Dick Tracy, sorti la même année, avec $46 millions au compteur. Véhicule pour stars (Warren Beatty, Madonna, Al Pacino) qui veut surfer sur le succès de Batman mais qui peine à nous convaincre avec ses scènes d’action poussives, ses décors en carton pâte et ses maquillages dignes des Guignols de l’Info.

 

Fantomes contre Fantomes-the-frighteners-29-01-1997-19-07-1996-1-g10. FANTÔMES CONTRE FANTÔMES – Peter Jackson – 1996

Budget estimé : $30.000.000

 

Cette année-là, le néo-zélandais Peter Jackson décide de passer la cinquième vitesse. Il quitte ses honorables productions à petit budget (Bad Taste, Braindead, Meet The Feebles) et se dirige sur la voie des grosses productions.

Produit en partie par Robert Zemeckis qui avait adoré le script réécrit par Peter Jackson, il décide de lui laisser la direction du film. Jackson va donc jouer son va-tout et faire fonctionner à plein régime sa société d’effets spéciaux Weta Digital. Prenant en charge toutes les étapes de production du film, Fantômes contre Fantômes sera un véritable défi pour le réalisateur et ses collaborateurs.

En effet, aucun des artistes ne pouvait se douter de l’ampleur du projet ; les effets spéciaux traditionnels si chers à Jackson étaient toujours présents mais le film allait devoir recourir à des effets spéciaux numériques encore peu développés dans les années 90.

Travaillant sous le stress mais toujours dans un environnement créatif, Jackson ne soupçonnait pas qu’il allait franchir un palier dans l’histoire du cinéma. Tournant la majeure partie de ses scènes en Nouvelle-Zélande, il eut un meilleur contrôle sur son film.

Le film reste un grand moment d’anthologie, mixant habilement le film d’horreur et la comédie avec des acteurs impliqués, Michael J. Fox en tête.

En 1996, la « bombe qui devait tous casser sur son passage » des studios Warner se casse littéralement la tronche. Je parle bien sûr de Space Jam. Signé pour un montant de $80 millions (mais d’autres sources affirment un montant plus élevé), l’investissement a été réalisé sur la seule équation Michael Jordan + Bugs Bunny = pognon, mais on se demande où était passé l’équipe des artistes numériques pour nous pondre des effets spéciaux aussi moches.

 

Robocop9. ROBOCOP – Paul Verhoeven – 1987

Budget estimé : $13.000.000

 

Après avoir refusé de tourner Le Retour du Jedi et réalisé le magnifique La Chair et le Sang, le « Hollandais violent » Paul Verhoeven continu son bout de chemin à Hollywood.

Lui parvient alors le script de Robocop. Refusé par bon nombre de réalisateurs qui n’y  voyaient qu’une série B de garage, Verhoeven n’en pensait pas moins. C’est sa femme qui lui conseille de tourner le film afin d’y ajouter les thèmes propres au cinéaste.

S’attelant à la tâche, Verhoeven va créer une des figures les plus violentes et trash des années 80.

Pensant son héros comme une sorte d’ « American Jesus », Verhoeven en profite pour dresser un portrait au vitriol de la société capitaliste américaine. Nous débarquant dans un Detroit futuriste gangréné par la violence, avec ses hauts fonctionnaires attirés par le profit, ses criminels redoutables et de ses flics prêts à appuyer sur la gâchette à tout moment, Robocop est un véritable enfer sur terre.

S’entourant d’une équipe compétente, Rob Bottin pour le design orienté Sentaï du super-flic,  Phil Tippett à l’animation du robot Ed-209 (qui remettra le couvert sur Starship Troopers), son directeur photo Jost Vacano, qui sublimera chaque apparition du Robocop, et la musique mythique de Basil Poledouris… autant dire que Robocop ne pouvait être qu’une réussite.

Verhoeven apporta quant à lui son savoir-faire hollandais, filmant ses scènes d’action comme personne d’autres à Hollywood à l’époque.

De l’autre côté, les studios font tourner la machine à dollar avec la quatrième suite des Dents de la Mer ($23.000.000), un film qui aurait pu être fait dans la piscine du quartier tant le résultat frôle le ridicule.

 

hellboy 28. HELLBOY II : LES LEGIONS D’OR MAUDITES – Guillermo Del Toro – 2008

Budget estimé : $85.000.000

 

Rappelons que Pacific Rim est le PREMIER blockbuster de Guillermo Del Toro.

Maintenant que le rappel est fait, revenons à Hellboy 2.

Avec le premier opus, Guillermo Del Toro s’aventurait de plus en plus loin dans les territoires dangereux et casse-gueule d’Hollywood. Après de nombreuses négociations, Del Toro avait pu imposer quelques-unes de ses conditions et bénéficier d’un budget qui lui permettrait d’obtenir les plans qu’il voulait.

Malgré le succès du premier film, Del Toro devait encore convaincre les studios de lui laisser la réalisation de sa suite. Le cinéaste mexicain se devait de voir ses ambitions à la hausse même si le budget ne lui permettait pas de débordements.

C’est oublier d’où vient Del Toro, véritable artiste complet : technicien des effets spéciaux, maquilleur, scénariste, écrivain et j’en passe. Guillermo Del Toro est en mesure de quantifier chaque étape de la production d’un film, quand bien même ce dernier requiert des moyens plus énormes.

Miracle, on a droit au bestiaire le plus incroyable de la décennie, aux  batailles les plus impressionnantes jamais vues dans une adaptation de comics (le gigantesque combat contre l’armée d’or), aux personnages les plus touchants, le tout baigné dans une histoire qui implique VRAIMENT le spectateur.

Au passage, Del Toro se permet de continuer ses expérimentations en conjuguant des styles visuels propres au cinéma, au jeu vidéo et aux comics, ce dont d’autres réalisateurs se réclament sans se rendre compte de la nullité de leur œuvre (Je n’ai pas dit Zack Snyder…si ?)

Malgré l’indulgence que je porte à cette adaptation de comics, Iron Man des studios Marvel, sorti la même année, ressemble plus à une petite comédie de famille sympathique avec des scènes d’action pour grabataire ; sachant que la note s’élève tout de même à environ $140.000.000.

 

Predator7. PREDATOR – John McTiernan – 1987

Budget estimé : $15.000.000

 

Sans revenir sur l’actualité désastreuse de John McTiernan, il faut tout de même rappeler que ce type avait très vite tapé dans l’œil des studios et avait amené un style non-conventionnel au cinéma d’action.

Le voilà donc sur le plateau de Predator, production estampillée Joël Silver (L’Arme Fatale, Matrix, c’est lui). Sur les bases d’un script très orienté série B où un gros monstre pas content va vouloir péter la gueule de Schwarzenegger dans la jungle, McT va véritablement changer du plomb (de la merde ?) en or.

Fort de son approche unique du cinéma, ayant un respect absolu envers l’intelligence du spectateur, pensant son film d’abord à l’économie en s’appuyant sur le rythme et le découpage, McTiernan va amener des idées de mise en scène jamais vues à l’époque sur une production d’action (ce qui donnera des cheveux blancs aux monteursqui ne comprenaient pas les rushs qu’on leur envoyait).

Predator se démarque par ses ruptures de tons, un film d’action basique qui devient tour à tour un film à suspens, un survival, pour finir dans le cinéma d’horreur et le film d’aventure. Le réalisateur sait faire monter la sauce et donner une utilité capitale à chacun de ses plans (essayez de retirer une scène du film et la structure s’écroule). De tous les films d’action des années 80, Predator tient étonnement la route. Pas étonnant que les producteurs capitalisent sur des suites.

Pendant ce temps, des producteurs avisés préparaient la bombe de l’année. Ils avaient tout signé : contrats avec des marques de jouets, affichages publicitaires, spots TV, marketing massif et production du film (il faut bien ça) pour une somme délirante de $22.000.000. Bon au final, ça donnera Masters of the Universe. Sans commentaires.

 

New York 19976. NEW YORK 1997 – John Carpenter – 1981

Budget estimé : $6.000.000

 

Film culte d’un John Carpenter injustement oublié, Escape From New York (oubliez le titre français débile) nous confirme vraiment que ce dernier est bien le digne héritier de Hawks, de Ford et de Peckinpah.

Dans son film matriciel qu’est Assault On Precinct 13, on voyait clairement les traces du western mixé au polar hardcore d’une certaine époque. Devenu, malgré lui, un réalisateur de film d’horreur (Halloween, The Fog), il tente la case action.

Malgré les réticences du studio AVCO, qui préférait un autre acteur que Kurt Russell (ex-gamin des productions Disney) et qui prenait peur à l’idée de tourner le film en plein New York, Carpenter va déjouer les règles du système et s’en remettre à ses compétences de technicien.

Comment créer un New York complètement ravagé où la guerre des gangs à lieu 24h/24, le tout dans un environnement futuriste ?

Carpenter et son équipe vont tourner principalement de nuit, en se baladant d’une ville à l’autre, demandant plus ou moins l’autorisation de tourner à certains endroits…  bref un véritable parcours du combattant.

Mais là où Carpenter va se montrer vraiment ingénieux, ce sera dans le choix de ses cadres. Jouant à chaque fois sur la perspective, les points de fuite, la correspondance entre deux éléments dans le même plan, il va pouvoir limiter ses mouvements de caméra et nous donner la sensation de se retrouver dans une mégalopole dévastée. Et le tout filmé dans un format 35 mm.

Si en 1981, Carpenter nous offre cette figure badass de Snake Plissken ; l’acteur Warren Beatty, encore dans le souvenir des années 70, nous sort sa grosse machine estampillée « Je veux un oscar ! » : REDS. Avec son parterre de star (Jack Nicholson, Diane Keaton) , le résultat est très académique. Mais c’est de l’art mon gars, ça vaut bien ses $32.000.000.

 

District 95. DISTRICT 9 – Neil Blomkamp – 2009

Budget estimé : $30.000.000

 

Peter Jackson, qui n’en finit pas de se battre contre les studios pour imposer ses projets, lâche son jeune protégé afin de leur montrer qu’il est capable de se passer d’eux.

Le jeune réalisateur sud-africain Neil Blomkamp, taillé dans le même bois que son mentor, est un technicien accompli : modélisateur et animateur 3D, illustrateur, cadreur, passionné par la science, les jeux vidéo et les effets spéciaux,  Blomkamp s’était mis d’accord avec Jackson pour réaliser l’adaptation de Halo. Devant les conditions imposées par les propriétaires de la franchise et la frilosité des studios à débourser autant d’argent pour un jeu qu’ils ne connaissaient pas, Jackson envoya son équipe à Johannesburg avec Weta qui allait prendre en charge le film à 100%.

De son côté, Blomkamp nous prouve ses talents de metteur en scène, de conteur d’histoires et d’expert en effets visuels. La direction artistique est un modèle de créativité, que ce soit au niveau du look des créatures ou des armements du MNU, en passant par la mecha-suit extra-terrestre. D9 est un véritable vivier de références rappelant les films de SF hardcore des années 80. Motion Capture, animation 3D, effets spéciaux digitaux, le tout filmé à la caméra RED HD qui ne pardonne aucune erreur d’incrustation.

Violent, méchant, crasseux et prenant, D9 était un véritable bol d’air frais pour le cinéma de science-fiction.

Loin, très loin des productions formatées d’Hollywood, District 9 nous rappelle qu’il existe encore des projets capables de nous proposer autre chose.

Pour exemple, les studios Fox sortaient la suite d’une franchise sur laquelle ils comptent vraiment : Alvin et les Chipmunks 2, film où l’on se demande où ont été injecté les $70.000.000 de budget…

 

Aliens le retour4. ALIENS, LE RETOUR – James Cameron – 1986

Budget estimé : $18.000.000

 

Réaliser la suite d’un film très vite célébré n’est pas chose aisée, surtout lorsque l’on s’appelle James Cameron et qu’on a seulement un film de série B à son actif et officié en tant que superviseur des effets spéciaux.

Mais à Hollywood, on fait confiance à ceux qui savent gérer une logistique de film à effets spéciaux. James Cameron est de cette trempe là. Elevé dans l’écurie Roger Corman, porte étendard de la série B aux Etats-Unis, le réalisateur canadien a pu se faire les dents sur de multiples productions de ce type.

Le premier Terminator lui a permis de se révéler au grand jour. Avec la suite d’Alien, il entre peu à peu dans les grosses productions.

Pour ce faire, il réécrit le script du film et s’en va tourner dans les mêmes studios que le film original avec la même équipe. Cameron dessine la plupart des véhicules et armes utilisées dans le film et confie à Stan Winston (concepteur du Terminator et des dinosaures de Jurassic Park) le design des aliens.

Les intentions du réalisateur étaient claires : de la space-fantasy hardcore qui trancherait avec l’ambiance des Star Wars. On a donc le droit à des batailles à plus grande échelle entre des soldats sur-armés et des extra-terrestres belliqueux.

James Cameron, toujours bricoleur dans l’âme, peut se permettre d’être plus ambitieux sur ce tournage : maquettes et animatroniques plus perfectionnées, matte painting plus travaillés, direction artistique plus soignée, toujours dans l’optique d’exploiter le moindre centime du budget.

En résulte un film matriciel pour pas mal de jeux vidéo (Halo, Gears of War, Doom, Quake…)

Au même moment, George Lucas faisait aussi arriver des extra-terrestres sur Terre avec le film Howard The Duck, né d’un cerveau malade, qui est pourtant le film qui a coûté le plus cher en 1986 avec un budget estimé à $35.000.000. Avez-vous vraiment envie de le voir ?

 

Mad Max 23. MAD MAX 2, LE DEFI – George Miller – 1982

Budget estimé : $2.000.000

 

Ah les années 80, l’époque de la VHS, des films de SF bourrins et contestataires, où toute une tripotée de réalisateurs croyaient en ce qu’ils filmaient.

Un peu à la manière (de) Cameron avec Terminator, George Miller se sera fait remarquer avec le premier Mad Max. Hollywood lui ouvre les portes pour divers projets (dont Rambo), mais Miller préfère rester dans son Australie natale pour réaliser la suite de son film.

Armé d’un bien plus gros budget que le premier, Mad Max 2 arrive aussi avec des ambitions plus grandes. Inspiré par les westerns, les films de Kurosawa et de son amour pour le Mythe, Miller va, sans le savoir, inventer le genre « post-apocalyptique », et aussi l’enterrer vu les contrefaçons minables qui suivront.

Les conditions de tournage en Australie lui permettent d’obtenir des plans qu’il n’aurait pas pu avoir dans le cadre d’une production hollywoodienne.

Il va filmer le désert australien de façon à lui donner cet aspect de terre ravagée. S’appuyant sur une direction artistique basée sur des objets récupérés (des pneus, des emballages, de la tôle froissée…), le film aurait bien pu sombrer dans le kitsch. Mais Miller va varier son approche cinématographique : décadrant certaines scènes de combat pour leur donner cet aspect « pris sur le vif », et en même temps, chorégraphiant de manière précise chaque bataille sur le bitume. Le climax final reste encore un modèle de bravoure qui ne prend pas une ride.

Bien sûr, le film prend une direction plus épique en magnifiant le personnage de Max et en lui donnant un rôle quasi-christique.

A Hollywood, on préfèrera produire l’Equipée du Cannonball, gros véhicule promo pour la star de l’époque Burt Reynolds. Des courses de voitures mêlées à de l’humour potache et plein de caméos trop marrant (Jackie Chan, Roger Moore, Samy Davis Jr, Dean Martin…). Mais bon, avaient-ils vraiment besoin d’investir $16.000.000 dans ce truc ?

 

ET Lextraterrestre2. E.T. L’EXTRA-TERRESTRE – Steven Spielberg – 1982

Budget estimé : $10.000.000

 

En 1982, Steven Spielberg avait déjà à son actif de bons résultats financiers et critiques de son côté (Les Dents de La Mer, Rencontre du Troisième Type, Les Aventuriers de l’Arche Perdue) ; mais l’échec de 1941 le motiva à réaliser un film avec un budget plus restreint et sur lequel il ne s’imposerait pas de débordements.

Film le plus personnel du réalisateur (du moins à cette époque), les studios n’étaient pas vraiment partant pour produire ce film qu’ils qualifiaient de sous-Disney.

Spielberg s’en remis à un de ses mentors, Sid Sheinberg, patron des studios Universal, demanda à la scénariste Melissa Mathison de parfaire son histoire et réquisitionna Carlo Rambaldi pour créer la créature.

Avec un casting composé essentiellement d’enfants et d’adolescents, et un planning qu’il va respecter à la date près, Spielberg va donner le meilleur de lui-même et fabriquer son film exclusivement au jour le jour (pratiquement pas de story-boards, une équipe réduite).

Rajoutez à cela la partition de John Williams qu’il va écrire quasiment en même temps que les scènes seront tournées. Cela donnera une magnifique scène finale en total symbiose avec le long morceau du maestro.

La suite appartient à l’Histoire: E.T. devient le plus gros succès de l’année et reste encore le film le plus rentable de la carrière de Steven Spielberg (hé non ce n’est pas Jurassic Park).

Comme les voies du cinéma sont impénétrables, si je vous disais qu’un autre film de science-fiction devait casser la baraque en 1982 avec un budget à plus de $20.000.000 et que ce film s’appelait MEGAFORCE, me croiriez-vous ?

 

La Guerre des Etoiles1. LA GUERRE DES ETOILES – George Lucas – 1977

Budget estimé : $11.000.000

 

Avant d’entendre tout et n’importe quoi sur George Lucas, comme le fait qu’il ait inventé le blockbuster ou les produits dérivés, il serait temps de remonter dans le passé pour savoir comment s’était déroulé tout ça.

En plein Nouvel Hollywood, le petit George Lucas fait parti des élèves les plus brillants. Son mentor Francis Ford Coppola le seconde sur ses projets et le pousse à se libérer de l’emprise des studios pour pouvoir contrôler ses films.

Le projet Star Wars va être un véritable chemin de croix pour Lucas : 4 ans à écrire le script, des négociations interminables pour débloquer des fonds, des acteurs à convaincre, une production catastrophique, des effets spéciaux nécessitant une logistique inexistante (ce qui fit fonctionner Lucasfilm à plein régime), et un tournage prenant du retard…Bref, le jeune prodige avait le monde contre lui.

Mais Lucas va y croire dur comme fer et tirer parti de ce budget plutôt serré en nous livrant rien de moins qu’un des films les plus parfait de l’histoire du cinéma.

Succès démesuré à sa sortie, les bénéfices du film sont tels qu’encore aujourd’hui, aucun blockbuster ne l’égale.

Cela permit à Lucas de devenir cet indépendant qu’il a toujours rêvé d’être mais, malheureusement, d’entrer dans une phase d’autodestruction qui trouve encore son écho aujourd’hui.

Comme Star Wars ne représentait RIEN pour les studios, bon nombre d’autres films étaient attendus. Parmi eux, l’entertainer de sa majesté était au rendez-vous : L’Espion qui m’aimait, 10e opus des aventures de James Bond, demandant des budgets de plus en plus important au fil des suites.

 

En conclusion, on remarque que ces films suscitaient peu d’intérêts (voire pas du tout) pour les studios, et que comparativement, beaucoup de grosses machines menées par ces mêmes studios, généralement dirigés par des réalisateurs bouche-trou, scénarisés en deux secondes et ne se basant que sur des équations de financiers, avaient le feu vert immédiatement.

Si les réalisateurs précités parviennent à accéder à des budgets monstres, c’est avant tout parce qu’ils ont les ambitions qui vont avec. Sachant que la plupart de leur budget servira à créer une logistique qui n’existe pas et qui demande un certain retour sur investissement.

 

 

Analyse de scénario : AVATAR, de James Cameron (1ere partie)

Par , 05/08/2013 10:00

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