Les suites de films qui surprennent !

Par , 28/01/2015 10:00

Aaah les suites de films ! Pour beaucoup de spectateurs cela riment avec un manque d’inspiration ou une façon d’exploiter un filon juteux. Ce qui n’est pas totalement faux. Mais il existe tout de même des suites qui ont des choses à raconter et qui prennent à contre-pied ce qui avait été posé dans l’original. Que ce soit dans le fond, la forme, la continuité du récit, etc, ces suites ont parfois fait oublier l’original dans l’inconscient collectif grâce à leur changement de ton qui en ont surpris plus d’un à leur sortie !

Voilà donc une petite liste (non-exhaustive) regroupant ce qui s’est fait de mieux en terme de suite:

 

L’EMPIRE CONTRE-ATTAQUE – Irvin Kershner – 1980

empire-contre-attaq-ii-aff-01-g1977 ! Star Wars (ou La Guerre des Etoiles chez nous) a été un carton GIGANTISSIME au box-office américain, le film ranime la flamme du récit d’aventure un peu oublié dans le Hollywood des 70s.

Récit initiatique, voyage du héros, combat contre les forces du mal, on sait que Lucas s’est largement inspiré des écrits de Joseph Campbell pour donner vie à cette histoire.

Si une suite s’imposait, elle se devait d’explorer cet univers encore en germe.
Pour Lucas, Star Wars 2 servira à prouver aux majors qu’il peut produire des blockbusters sans leur aide, mais ses collaborateurs (le trio Irvin Kershner-Lawrence Kasdan-Gary Kurtz) vont s’emparer de cette suite pour élever le niveau.

En toute logique, ce trio de génie continuera à s’inspirer des travaux de Campbell pour poursuivre les aventures de Luke Skywalker.
Outre une mise en scène plus classe, la photo la mieux travaillé de la saga et les dialogues les mieux écrits, L’Empire Contre-Attaque étonne par sa forme : une gigantesque bataille dès le début du film, les gentils qui passent leur temps à perdre, une révélation finale à glacer le sang, et une fin ouverte (jamais vu à l’époque pour des films de cette ampleur).

De manière amusante, le film préféré des fans est aussi celui où il y a le moins d’action.


MAD MAX 2, LE DEFI – George Miller – 1981

FA_image_0002795Si dans l’esprit du public « Mad Max » résonne avec « genre post-apocalyptique« , il n’en était RIEN à la sortie du premier opus. Tout simplement parce que ce genre n’était clairement pas identifié !
George Miller, influencé par la théorie du Monomythe de Joseph Campbell (toujours lui), va orienté le curseur de sa suite vers une autre direction. Si dans le premier film, Max était un flic borderline consummé par le meurtre de sa femme et de son enfant, sa suite en fera un héros !
Mad Max 2 est raconté à la façon d’une légende qui place Max comme une sorte de messie prêt à sauver l’humanité.

Cette fois, plus de civilisation mais des peuples nomades qui se battent pour le moindre baril d’essence.
Inspiré aussi par le western, Miller va explorer son univers avec une direction artistique particulière, faite de véhicules bricolés, de vêtements rafistolé et une bonne couche de poussières pour donner cette aspect daté.
Alimenté par des courses-poursuites inédites à l’époque, Mad Max 2 est un monument de film barbare.
Avec New York 1997, le genre post-apocalyptique émergeait enfin.

(Pour plus d’informations sur la saga Mad Max, je vous conseille ce podcast en deux parties où le graphiste Melvin nous fait partager sa documentation et sa vision inédite des films)


 AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTE – Peter Hunt – 1969

Affiche OHMSSImaginez : vous êtes un fringuant spectateur des 60s venu voir la sixième aventure de James Bond.
Vous êtes en terrain conquis, James Bond et ses gadgets, les belles pépées, les méchants , toussa…
Mais BAM voilà que James Bond a changé d’interprète, que le film dure plus longtemps, que le ton n’est pas toujours à l’amusement, qu’on porte un regard un peu moqueur sur les James Bond girls, que le « love interest » de Bond se révèle être un personnage majeur, et que tous cela finisse mal…
Bon là le spectateur, il a deux choix, soit il applaudit et salut l’audace, soit il est énervé parce qu’on lui a perturbé l’habitude qu’il s’est construite durant 5 films.
La deuxième solution a été massivement retenue.
Alors certes, il y a des passages kitchs et Lazenby est très mauvais acteur mais aucun Bond ne se sera permis une telle audace par la suite.

Pourtant, comparé aux précédents opus, cet épisode de Bond est beaucoup plus fidèle aux romans de Fleming.

Mais la réception mitigée du film à l’époque a eu raison de ce changement de ton, il n’y a qu’a voir la suite des aventures de Bond pour en avoir la preuve (Casino Royale a failli y arriver).

Cependant, les bondophiles ont fini par reconsidérer cet épisode avec le temps, ce qui , ma foi, est l’apanage des grands films.


 ALIENS, LE RETOUR – James CAMERON – 1986

aliens-le-retour-afficheFinalement, j’aurais pu mettre n’importe quelle suite d’Alien, mais de l’aveu des réalisateur de l’opus 3 et 4, ce sont des films « ratés » et le résultat leur donne en partie raison.
En 1986, quand James Cameron s’empare de la suite du hit de Ridley Scott, le public se divise :
pour les amateurs du premier, pour qui la SF rime avec contemplation et réflexion, il était impensable de voir des soldats hi-tech se battre contre des monstres par paquet ou des bastons de méchas. Le tout filmé par l’amerloque qui a écrit Rambo , c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase.
Même sur le plateau, Cameron devait se battre contre l’équipe anglaise qui ne voyait en lui qu’un « mec d’Hollywood » venu piller le savoir-faire de Sir Ridley Scott.
James Cameron, en plus de transformer le personnage de Ripley en mère protectrice, accompli un rêve de gosse, celui de raconter un récit guerrier faisant la part belle aux exploits de soldats.

Ce deuxième opus reste une exemple de travail solide d’artisan, mené par un réalisateur rompu à la série B, qui a une croyance indéfectible à l’univers qu’il veut mettre en scène : des effets spéciaux au service d’une histoire bien racontée.

Au final, les amateurs d’action et d’aventure ont adoré le film. Oui, parfois le plaisir simple tiens en une phrase.


RAMBO 2, LA MISSION – George P. Cosmatos – 1985

18464994Si vous commencez à parler de Rambo autour de vous, il y a beaucoup de chances pour que la discussion se conclut sur du film d’action bourrin et décérébré.
Le premier film faisait pourtant la part belle à un soldat américain revenu de l’enfer du Vietnam et qui va se retrouver confronté à une bande de flics qui ont juré de lui mettre le grappin dessus.
Stallone, alors acteur le plus puissant d’Hollywood, va réécrire le scénario de James Cameron et s’immiscer dans le processus de réalisation.
L’air de rien, le type a donné forme au film d’action typique des années 80 : héritage graphique issu des comic books (mais aussi de l’imagerie de la mythologie grecque), héros solitaire et invincible, méchants caricaturaux, rythme de l’action soutenu, images iconiques, musique pétaradante.
Bref, Stallone veut redonner aux américains une figure héroïque forte et une direction fédératrice perdue depuis les années 70.

Si Rocky est le représentant de la classe ouvrière qui s’élève par la force de sa volonté, Rambo incarnera l’Amérique des 80s voulant redorer son blason de grande nation !
Evidemment, les critiques bien-pensantes feront la gueule et chargeront Rambo II sur son patriotisme crétin.
Sly en remettra une couche un an plus tard avec Rocky IV.


ZOMBIE – George A. Romero – 1978

affiche-zombie-le-crepuscule-des-morts-vivants-dawn-of-the-dead-1978-1A une époque où le film d’horreur était considéré comme un cinéma de déviants ou de pervers, c’est au choix, de futurs classiques germent tranquillement.
En effet, des réalisateurs comme George Romero profite de ce circuit de production alternatif et livre des films violents, radicaux, pervers et avec une conscience politique contestataire.
Avec Zombie, il livre une suite encore plus énervée, plus sanguinolente et plus radicale.
Il faut se rappeler que les Etats-Unis subissent une période de changements sociaux qui modifient les besoins de ces citoyens : consommation de masse, sur-médiatisation du conflit vietnamien, scandales politiques, violence raciale, exclusion sociale, etc…
Zombie est une violente charge sociale. Le côté gore était un argument de provocation vraiment pertinent à l’époque.
Et il est triste de voir que le film d’horreur, devenu trop mainstream, n’a plus vocation à provoquer et cracher sa haine de la société.

 


 TERMINATOR 2, LE JUGEMENT DERNIER – James Cameron – 1991

G3AASORlgtM29YyokhIsRQ-zbCEJames Cameron, jeune réalisateur issu de la série B sort Terminator en 1984, mixe de toute une culture SF alternative et à la texture orienté « film bricolé ». Fort de ce succès surprise, il revient à la charge avec pour objectif d’explorer l’univers latent de son film.
Sa suite sonne comme ce que doit être un blockbuster hollywoodien : des gros moyens pour expérimenter des formes visuelles inédites, une vraie envie d’explorer un univers en offrant une suite, un contrôle total de toutes les phases de création, tout cela afin d’offrir au public l’entertainment le plus immersif possible.
Pourtant ce n’était pas gagné, il a fallu convaincre les patrons de Carolco (une boîte indépendante !) de mettre autant d’argent dans la suite d’une série B, mas aussi Schwarzenegger, qui ne voulait pas que le Terminator se transforme en gentil, bref des négociations à tous les étages.
Lors de sa sortie vidéo, les laserdics et plus tard, les dvd, Cameron mettra a profit ce qu’on appelera plus tard « director’s cut » et « bonus making-of » dans ces supports pour prolonger l’expérience du spectateur.


L’ARMEE DES TENEBRES – Sam Raimi – 1993

Evil_Dead_3_L_Armee_des_tenebresIl est amusant de voir que la franchise qu’a su créer Sam Raimi fait partie intégrante de l’évolution de sa carrière.

Evil Dead était un petit film de potes, fauché et bricolé ; avec Evil Dead 2, il livre une version « augmentée » de son premier métrage ; enfin, avec le troisième opus, il peut se permettre de demander des budgets plus conséquents pour finaliser ses ambitions.
Fort du succès de son précédent film, DARKMAN, Raimi voit grand pour Evil Dead 3.
Cette fois, Ash, le héros du film, se retrouve en pleine époque médiévale.
L’occasion pour Sam Raimi de citer ses références : le comic book (une aventure d’Iron Man en particulier), le cartoon, la comédie type « 3 Stooges » ou encore d’inclure des effets spéciaux à la Ray Harryhausen.
Le film fut un échec au box-office, d’une part à cause du public qui s’est senti floué par cette suite, mais aussi à cause des difficultés de production que le réalisateur a rencontré (3 montages du film existent à travers le monde).
Qu’on se le dise, Evil Dead 3 reste l’épisode le plus marquant de la saga pour tous ses fans désormais. La prise de risque paye !


BATMAN, LE DEFI – Tim Burton – 1992

19253696Dire qu’il y a un pas entre Batman et Batman Le Défi serait un euphémisme.

Lorsque Tim Burton débarque sur le premier opus de la saga, les studios demandent à ce réalisateur artisan de donner une substance graphique à leur méga blockbuster d’été. Burton comprend qu’il doit vendre du produit dérivé, la BO de Prince et caser un maximum de scènes avec Jack Nicholson.
Avec la suite, on comprend vraiment où le réalisateur voulait en venir.
Le rôle de justicier de Batman ne l’intéresse pas. Il fait de ses personnages de figures tragiques et monstrueuses, des sortes de grands enfants qui auraient subi les pires traumatismes possibles et traiter la part animal de ces derniers. L’ambiance sinistre, le manque de repère entre le bien et le mal ainsi que la violence graphique en ont dérouté plus d’un.
Des associations de parents se sont même insurgés contre le film, ces derniers pensant emmener leur progéniture voir un film avec des gentils super-héros. Burton, aidé par le scénariste, tout aussi dingue, Daniel Waters, vont pondre une des histoire de monstres les plus fabuleuses du cinéma.


DARK KNIGHT – Christopher Nolan – 2008

The-Dark-Knight-afficheA croire que Batman inspirera toujours les réalisateur de tout époque qui se font leur propre idée du personnage de DC.
Passer de Batman Begins à The Dark Knight peut nous faire comprendre ce qui intéressait vraiment Christopher Nolan.
A l’instar de Burton, ce n’est pas la figure du héros justicier qui l’intéresse.
Le premier opus était un blockbuster propre sur lui, bien mené, avec une pointe d’aventure.
The Dark Knight penche plutôt vers une sorte de thriller avec des accents de polar hard-boiled.
Bien sûr, l’antagoniste y est pour beaucoup, le Joker ! L’autre figure monstrueuse de Gotham. Le film fut un succès énormissime et peut être révélateur de ce qu’attends le public de ces figures mythologiques. le peuple de Gotham ne croit plus en Batman et veut une figure fédératrice plus humaine (Harvey Dent). Utilisant l’imagerie du 11 septembre et la menace du Joker à bon escient, The Dark Knight nous montre à quel point les figures de l’imaginaire ne sont plus autant requises dans l’inconscient collectif américain.
Comme le prouve le titre, nous ne sommes plus dans un film de super-héros, mais dans un univers plus réaliste et humain où disparaissent petit à petit des personnages bigger than life comme Batman.


MASSACRE A LA TRONCONNEUSE 2 – Tobe Hooper – 1986

texaschainsawRevenons aux années 70, là où Massacre à la Tronçonneuse n’était pas encore markété pour des mioches de 16 ans.
Suite au succès critique et public du premier opus, Hooper, quelques grammes de coke plus tard, s’allie avec la Cannon pour une deuxième partie.
Et cette fois, Hooper prend un virage à 180 degré au risque de laisser les fans sur le banc de touche.
S’il reprend les thématiques malsaines du premier, il ajoute une touche décalée voire même proche de la folie qui colle au jeu complètement outrancier des acteurs. La direction artistique sort tout droit d’un carnaval imaginé par des serial killers accompagné d’une photo aux couleurs criardes.
Du fun, du gore, c’était aussi dans l’ère du temps des années 80 et Hooper a dû sentir le vent tourner.
N’empêche, cette suite aura influencé une nouvelle génération de cinéaste, Rob Zombie en tête.


MATRIX RELOADED – Andy et Lana Wachowski – 2003

afficheProjet vicieux s’il en est, la trilogie Matrix est un modèle, non seulement en terme cinématographique mais aussi dans la façon dont on vend un univers imaginaire trans-média.
Si on devait imaginer la recette qu’ont concocté les Wachowski, elle serait la suivante : faites un film de science-fiction atypique pour son époque, laisser le exploser le box-office, alimenter le buzz, laisser mijoter tranquillement le public complètement immerger dans cet univers, puis quelques années plus tard faites une suite où vous raconterez le contraire de ce qui a été dit dans le premier opus.
En gros, l’Oracle ne dis pas forcément la vérité, le monde réel n’est pas celui que l’on nous a fais croire, il y a déjà eu plusieurs élus pour « reloader » la matrice…
Ca fait beaucoup à digérer, sans compter que l’équipe des Wachowski s’est lâchée encore plus dans le défi technique et visuel, avec les utilisatons massives de doublures numériques , de mouvements de caméras virtuelles, etc… Un surplus graphique et scénaristique qui a mené pas mal de spectateurs a détester le film, déchaînant une tornade de haine sur internet. Razzie Award des pires réalisateurs ne l’oublions pas. Les Wachowski ont mis à exécution la phrase de Morpheus dans le premier épisode : « Les gens sont tellement dépendants du système qu’ils iront jusqu’à se battre pour le protéger. »


UNE JOURNEE EN ENFER – John McTiernan – 1995

18686568Quand l’entertainment d’action stagnait dans les années 80-90, on appelait John McTiernan à la rescousse.
Le premier Die Hard (Piège de Cristal) a redéfini au niveau thématique et formel, les codes du film d’action. Si bien que des tonnes de sous-Die Hard inondèrent les écrans par la suite.
Homme exigeant, McT signe une suite uniquement s’il peut expérimenter de nouvelles formes visuelles.
Première bonne idée, l’inspecteur John McClane n’est plus ce flic malchanceux du premier, maintenant c’est un héros d’action incontesté. Ce que n’auront jamais compris les 3 autres suites de la franchise.
Ensuite, noyer des personnages haut en couleur dans un quotidien banal et de jouer la carte de la prise de vue sur le vif : caméra à l’épaule, cadrages hésitants, zoom au beau milieu d’une action, bref, une mise en scène plus brute, plus nature. Le tout dans un rythme à faire pâlir une saison de 24H Chrono.
Petite astuce, le personnage de Sam Jackson est l’incarnation de l’habitant lambda de New York confronté à la légende McClane, ou comment faire perdurer les mythes populaires aux yeux du spectateur.


LES CHRONIQUES DE RIDDICK – David Twohy – 2003

18381423Les années 2000 voient arriver sur la scène hollywoodienne une jeune génération de cinéastes nourris aux comic books, à la japanimation et aux jeux vidéo. David Twohy en fait partie.
Lorsqu’il réalise ce film de série B génial qu’est Pitch Black, il prouve non seulement qu’il peut créer un film de personnages avec une situation bourrée de rebondissements mais aussi qu’il y avait un public potentiel derrière ce film de SF guerrier.
Se sentant pousser des ailes, Twohy, avec la complicité de son acteur principal Vin Diesel, lance sa franchise vers les cimes du blockbuster.
Univers sauvage et violent, véritable penchant hardcore de Star Wars, Les Chroniques de Riddick explore de façon remarquable cette univers mythologique.
Le réalisateur ne s’arrête pas là puisqu’il lance à côté le film d’animation Dark Fury et le jeu Escape From Butcher Bay afin d’alimenter le mythe Riddick.
Le film fut un four à sa sortie, à plus forte raison puisque ce genre d’univers sombre et barbare avec un héros cynique, violent et solitaire ne faisait plus recettes devant une horde de spectateurs nourris à la recette familiale formatée. Et ça, c’est énervant !


KILL BILL VOLUME 2 – Quentin Tarantino – 2004

18377926Mixe improbable de toute une culture pop, jusque là, passée sous les radars de l’intelligencia, Quentin Tarantino déchaîne les enfers en balançant aux spectateurs Kill Bill Volume 1.
Il y convoque le western (américain et européen), le chanbara, le wu xia pian, la japanimation, le film de kung-fu, le revenge movie hardcore,bref toute une « sous-culture » qui n’avait pas le droit de citer.
Si la première partie du film, autant dans le fond que la forme, est une avalanche de références alliée à des personnages ultra-charismatique et iconique, la deuxième partie ne sera que plus surprenante.
Plus surprenante parce que plus épurée, le film faisant la part belle à de l’émotion pure. Cette fois les références cinématographiques sont moins voyantes et les personnages deviennent plus bassement humain (tragédie, humiliation de la vie, regrets).
Kill Bill 2 marque clairement un tournant dans la carrière de Tarantino, le voilà maintenant libéré de ses influences et prêt à tracer sa propre oeuvre… pour le meilleur ou pour le pire.


HELLBOY II : LES LEGION D’OR MAUDITES – Guillermon Del Toro – 2008

18968273Suite aux galères de production que Del Toro avait connu sur le premier Hellboy, il était impensable, pour lui, qu’il laisse filer ce personnage et cette univers aux mains de n’importe quel faiseur.
Sur le premier film, il se devait d’être fidèle à l’esprit de la BD. Avec une intégrité et un travail acharné, Del Toro avait fait comprendre aux studios qu’il avait les reins solides pour mener cette adaptation à bien.
Avec sa suite, il était temps pour lui de s’approprier l’univers d’Hellboy.
Hellboy 2 est une suite 100% geek ! Le réalisateur mexicain nous re-crée l’univers de la BD d’origine en la transformant en véritable monde d’héroïc-fantasy. Du passage au marché Trolls, au refuge du roi des elfes en passant par la cité des Legions d’Or, cette suite est un pur bonheur visuel.
Hellboy 2 fait parti des perles du cinéma qui nous rappelle l’importance de la puissance de l’imaginaire dans notre monde.


LE HOBBIT : UN VOYAGE INATTENDU – Peter Jackson – 2012

20273834Faire suite à la trilogie qui aura fait découvrir l’univers de Tolkien à un large public n’était pas chose aisée. Même lorsque l’on s’appelle Peter Jackson.
Sans oublier la difficulté de passer d’une histoire centrée sur 3 gros volumes à un petit livre de conte.
L’intelligence de Jackson et de ses collaborateurs a été de mêler la trame principale du « Hobbit » de Tolkien et de développer et enrichir cet univers par le biais du « Silmarillon » et des « Contes et Légendes inachevés ».
La trilogie du Hobbit est donc un véritable roller coaster émotionnel, à savoir : partir du personnage le plus anodin pour finir sur une épopée.
Bilbon sera le témoin de la légende du roi des Nains : Thorin Oakenshield ! Véritable récit d’apprentissage, Bilbon passera par mille péripéties et provoquera les événements qui amèneront aux Seigneurs de Anneaux.
N’oublions les quelques apports délirants de Guillermo Del Toro ainsi que le changement total de la mise en scène (le HFR) et de la direction artistique.
La trilogie du Hobbit parachève une saga unique en son genre.


UNIVERSAL SOLDIER : LE JOUR DU JUGEMENT – John Hyams – 2013

20394485S’il y a bien une franchise dont on attendait rien depuis des années, c’est bien celle d’Universal Soldier. Le premier était un blockbuster sympathique avec deux stars à la clé, le deuxième était une veine tentative de remettre Van Damme sur le devant de la scène et le troisième était juste une grosse série Z racoleuse.
Quand survient un John Hyams qui n’a rien demandé à personne, il débarque avec un concept purement jouissif : retrouver le ton outrancier et radical d’une série B.
Trip expérimental citant abondamment Kubrick, Carpenter, Cameron, Argento, ou plus proche de nous Winding Refn.
A la carte de la violence hardcore, des tronches testostéronés, des hectolitres de sang, du sexe crade et de la baston hargneuse.
Le tout mené par un Scott Adkins en pleine forme dont on se demande encore ce qu’attendent les majors pour le foutre en tête d’affiche d’une superproduction.
Le meilleur film de la saga, et de loin.


HAPPY FEET 2 – George Miller – 2011

19861840Si l’on devait donner une définition de film « parfait« , Happy Feet 2 devrait être cité.
Le premier film était une brillante relecture du parcours du héros où le personnage principal allait au limite du (de son) monde pour trouver sa destinée.
Le 2eme opus, George Miller nous invite à embrasser une histoire beaucoup plus vaste où les rapports de force ont complètement changé.
Le père, qui était le héros du premier film, devient l’obstacle à abattre pour que son fils puisse s’accomplir en tant qu’individu ; Miller ne s’arrête pas là et transforme la communauté des pingouins et son environnement en métaphore de notre planète et de nos conditions. Du voyage spirituel des deux crevettes à la volonté du petit héros à vouloir voler et sauver son peuple, le réalisateur établi un pont entre l’infiniment grand et l’infiniment petit qui nous rappelle que chaque être est soumis aux lois de la nature.
Du choix de la bande-son, de la mise en scène qui colle avec une précision évidente à ce qui est raconté jusqu’à ce représente symboliquement chaque personnage, Happy Feet 2 est d’une cohérence incroyable.
Et encore je n’ai pas parlé du véritable défi technique qu’a apporté le film.


SPIDER-MAN 3 – Sam Raimi – 2007

18754165S’il existe bien une suite où les avis sont vivement tranchées, ce serait Spider-Man 3.
Pourtant, cette épisode mérite d’être ré-évalué. S’il n’atteint pas la perfection du 2e opus ne serait-ce qu’en terme scénaristique, Spidey 3 possède beaucoup plus de morceaux de bravoures, beaucoup plus de séquences inédites aux cinéma et beaucoup plus d’émotions que n’importe quel épisode de la trilogie.
Sam Raimi ayant signé pour une trilogie, donne tous ce qu’il a pour faire de son ultime épisode, le sacrement de son super-héros préféré.
Il explore les multiples facettes de cet univers : le côté sombre et totalement égocentrique de son héros symbolisé par le costume noir, la difficulté qu’a Mary-Jane à existé au côté de son petit copain, le duel fratricide entre Peter et Harry et enfin, la pathétique créature qu’est l’Homme-Sable.
Raimi met le paquet, au risque de perdre le rythme de son histoire.
La bataille générale qui conclut le film est un exemple de mise en scène magistrale dont on a pas encore trouvé d’équivalent dans un autre film du genre.
Alors oui on pourra râler sur des personnages inutiles, on pourra contester tel détour scénaristique mais au vu de la générosité du film, c’est un moindre défaut ! Point barre !


MISSION : IMPOSSIBLE – PROTOCOLE FANTÔME – Brad Bird – 2011

19843153La série des films Mission : Impossible a toujours pris des partis pris risqué en terme de style (mis à part pour le troisième).
Le premier film était soumis à l’entrisme d’un De Palma qui brisait complètement les codes de la série télé, le deuxième, formidablement mis en scène par John Woo, souffrait beaucoup trop de l’omniprésence de son acteur/producteur, et enfin le troisième offrait un actionner sympathique avec un JJ Abrams encore débutant en matière de cinéma.
Brad Bird, transfuge du cinéma d’animation, était donc un outsider parmi les réalisateurs précédemment cités.
Malin, il réussi à retrouver la sève de la série télé en passant par moult détour au nez et à la barbe de Cruise.
Non content d’offrir un des meilleurs films d’action (à la mise en scène et aux enjeux compréhensible) de ces 15 dernières années, Bird réussi, par le biais d’un scénario fonction, à mettre en scène des situations catastrophes qui pousseront nos agents secrets à travailler en équipe.
Désormais, ce n’est plus forcément Ethan Hunt qui tient la tête d’affiche mais bien ses acolytes.
Bird apporte son rythme d’animateur ainsi que des emprunts à McTiernan pour nous offrir un spectacle de qualité. Il se permet même de faire quelques réflexions sur l’état du cinéma d’action actuel.
Du propre.

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Attentes ciné 2015

Par , 15/01/2015 16:00

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